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Chanson FLE C1 – L’orage (Brassens)

Cette chanson peut faire l’objet de plusieurs activités qui dépendront essentiellement du niveau de vos apprenants. Voici quelques propositions d’activités à adapter selon les nécessités.

Objectif culturel : (re)découvrir la musique et la poésie de Brassens
Objectifs linguistiques : comprendre une poésie, reconnaître des figures de style et des champs lexicaux, reconnaître des contractions phonétiques de l’usage oral.

Matériel nécessaire : du papier pour l’impression des paroles, une paire de ciseaux.
Matériel recommandé : quelques dictionnaires français à portée de main.

  1. Introduction :
    1. Faites écouter une fois un extrait de la chanson sans montrer les paroles. Laissez les apprenants réfléchir à ce que raconte cette chanson, faites des hypothèses avec eux. Si besoin, vous pouvez également présenter Georges Brassens à vos apprenants afin de les préparer à son style si particulier.
    2. Au sein de petits groupes, distribuez les couplets préalablement découpés et demandez-leur de remettre les paroles dans l’ordre sans écouter la chanson.
    3. Faites vérifier en réécoutant la chanson et mettez en commun.
  1. Travail sur le contenu :
    1. En groupe ou individuellement, demandez aux apprenants de résumer chaque couplet en une phrase. Mettez ensuite en commun les réponses et rédigez un résumé ensemble.
  2. Travail sur la langue :
    1. Demandez aux apprenants de souligner les mots ou expressions appartenant au champ lexical du temps/de la météo.
      Quels autres champs lexicaux peut-on trouver ?
    1. Faites réécouter la chanson et demandez-leur d’être attentif aux contractions phonétiques de groupe de mots en les soulignant. Les réponses sont dans le deuxième texte de paroles.
    2. Demandez-leur d’expliquer le double-sens de cet extrait de la fin de la chanson : « Lui conter qu’un certain coup de foudre assassin »
    3. Références de la chanson :
      1. Pourquoi est-il souvent question de Jupiter dans la chanson ?
      2. Benjamin Franklin est cité dans la chanson, qu’a-t-il inventé ?

Si vous voulez pousser plus loin l’analyse de cette chanson avec vos apprenants, je vous invite à consulter la page d’analyse et d’explications de références des chansons de Brassens et d’adapter ce qui convient le mieux à votre classe.

Sur ce, bonne écoute…

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,
Le beau temps me dégoûte et me fait grincer les dents,
Le bel azur me met en rage,
Car le plus grand amour qui me fut donné sur terre
Je le dois au mauvais temps, je le dois à Jupiter,
Il me tomba d’un ciel d’orage.

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits,
Un vrai tonnerre de Brest, avec des cris de putois,
Allumait ses feux d’artifice.
Bondissant de sa couche en costume de nuit,
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices.

« Je suis seule et j’ai peur, ouvrez-moi, par pitié,
Mon époux vient de partir faire son dur métier,
Pauvre malheureux mercenaire,
Contraint de coucher dehors quand il fait mauvais temps,
pour la bonne raison qu’il est représentant
D’une maison de paratonnerre. »

En bénissant le nom de Benjamin Franklin,
Je l’ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins,
Et puis l’amour a fait le reste !
Toi qui sèmes des paratonnerres à foison,
Que n’en as-tu planté sur ta propre maison ?
Erreur on ne peut plus funeste.

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs,
La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
Et recouvré tout son courage,
Rentra dans ses foyers faire sécher son mari
En me donnant rendez-vous les jours d’intempérie,
Rendez-vous au prochain orage.

A partir de ce jour je n’ai plus baissé les yeux,
J’ai consacré mon temps à contempler les cieux,
A regarder passer les nues,
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus,
A faire les yeux doux aux moindres cumulus,
Mais elle n’est pas revenue.

Son bonhomme de mari avait tant fait d’affaires,
Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer,
Qu’il était devenu millionnaire
Et l’avait emmenée vers des cieux toujours bleus,
Des pays imbéciles où jamais il ne pleut,
Où l’on ne sait rien du tonnerre.

Dieu fasse que ma complainte aille, tambour battant,
Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps
Auxquels on a tenu tête ensemble,
Lui conter qu’un certain coup de foudre assassin
Dans le mille de mon cœur a laissé le dessin
D’une petite fleur qui lui ressemble.

Paroles avec contractions phonétiques (cf. activité 2B):

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,
Le beau temps me dégoûte et m’ fait grincer les dents,
Le bel azur me met en rage,
Car le plus grand amour qui m’ fut donné sur terre
Je l’ dois au mauvais temps, je l’ dois à Jupiter,
Il me tomba d’un ciel d’orage.

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits,
Un vrai tonnerre de Brest, avec des cris d’ putois,
Allumait ses feux d’artifice.
Bondissant de sa couche en costume de nuit,
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices.

« Je suis seule et j’ai peur, ouvrez-moi, par pitié,
Mon époux vient d’ partir faire son dur métier,
Pauvre malheureux mercenaire,
Contraint d’ coucher dehors quand il fait mauvais temps,
pour la bonne raison qu’il est représentant
D’une maison de paratonnerre. »

En bénissant le nom de Benjamin Franklin,
Je l’ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins,
Et puis l’amour a fait le reste !
Toi qui sèmes des paratonnerres à foison,
Que n’en as-tu planté sur ta propre maison ?
Erreur on ne peut plus funeste.

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs,
La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
Et recouvré tout son courage,
Rentra dans ses foyers faire sécher son mari
En m’ donnant rendez-vous les jours d’intempérie,
Rendez-vous au prochain orage.

A partir de ce jour j’ n’ai plus baissé les yeux,
J’ai consacré mon temps à contempler les cieux,
A regarder passer les nues,
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus,
A faire les yeux doux aux moindres cumulus,
Mais elle n’est pas revenue.

Son bonhomme de mari avait tant fait d’affaires,
Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer,
Qu’il était dev’nu millionnaire
Et l’avait emmenée vers des cieux toujours bleus,
Des pays imbéciles où jamais il ne pleut,
Où l’on ne sait rien du tonnerre.

Dieu fasse que ma complainte aille, tambour battant,
Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps
Auxquels on a t’nu tête ensemble,
Lui conter qu’un certain coup de foudre assassin
Dans le mille de mon cœur a laissé le dessin
D’une petite fleur qui lui ressemble.


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